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Résumé

 A travers cet ample roman d'éducation, Marc Weitzmann brasse avec talent, d'une écriture incisive parfois secouée d'accès de fièvre, les thèmes qui hantent son oeuvre : la domination, l'imposture, et l'héritage familial. Comment devenir quelqu'un tout en restant authentique? Comment se définir sans le secours confortable des identités collectives? En filigranne, court toute une réflexion sur le mensonge. Que ce soit dans la sphère privée, à travers le couple de façade que forment Paula Wallich et Zimmermmann, ou celui de Paula et du narrateur Frank Schreiber, dont on ne sait jamais quelle place y occupent l'arrivisme et l'amour, dans la famille de Frank et son "autofolklore", selon son expression, dans la mascarade sociale "des émissaires héritiers de cet ultime mythe français, la grandeur littéraire", les êtres trichent et s'abusent eux-mêmes.

Mais la plus profonde des tromperies concerne sans doute l'usage politque du langage. "Le vrai pouvoir des hommes de pouvoir, c'est de s'affranchir des mots", confesse Zimmermann à Frank. (...) "Les choses ont perdu le pouvoir d'êtres racontées." Pourtant, l'écriture même de ce roman parfois drôle, souvent brutal, apporte un démenti à ce diagnostic. Sans imposer son interprétation, en respectant la complexité et l'ambigüité des êtres et des situations, Weitzmann parvient bel et bien à saisir quelque chose des incertitudes identitaires contemporaines et des contradictions d'une intelligentsia écarteléer entre rhétorique de gauche et fascination intime pour l'argent et le pouvoir.

Le Monde, Stéphanie Dupays

 

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Le plus troublant dans ce livre est le mariage entre la réalité et la fiction. Pour restituer l'histoire de France, Marc Weitzmann met en scène des protagonistes réels, en commençant par Anne Sinclair, dont la présence évanescente au coeur de cette histoire demeure mystérieuse de bout en bout, et des créatures d'encre et de papier nées de son imagination. Car une matière inflammable,  pour être solidement appuyée sur le réel, n'en est pas moins un roman, c'est-à-dire une histoire feinte écrite en prose. Ce n'est pas seulement le mélange des genres, qui est ensorcelant, c'est aussi la façon qu'a Weitzmann d'écrire avec son sang, en tirant sur la chaîne reliant l'intime et l'universel, l'accident et l'essentiel. Chez cet écrivain, on goûte à la fois le plaisir aristocratique de se faire des ennemis et l'audace impunie d'écrire des livres avec les contrariétés et les insuffisances de la vie.

 Le Figaro, Sébastien Lapaque

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Très tôt, Marc Weitzmann a inscrit le champ politique au coeur de son entreprise. Quelle "place" pccuper dans le monde, quelle "identité" se donner si l'on ne veut pas être un simple "héritier", comment s'engager, et de quel côté, sans se salir les mains -telles sont les questions que se posent la plupart de ses personnages. Questions toutes sartriennes (mais Balzac n'est pas loin), repensées dans le contexte médiatico-politique d'aujourd'hui et renvoyant à ce qui a longtemps constitué le noeud de toute vie en société : la morale.De quel côté pencher? Intégrer le clan ou se rebeller? Se servir de la famille ou rompre pour trouver sa propre identité? Weitzmann oblige son (anti-)héros à choisir.(...) On admire la puissance narrative, le sens dramatique. Ou la façon, audacieuse, qu'il a d'imbriquer la fiction et la réalité la plus contemporaine pour construire une épopée moderne du pouvoir.

Le Canard Enchaîné, Capel Igor

 

DSK. Une histoire trop invraisemblable pour ne pas devenir une fiction explosive. Deux ans après le "séisme", marc Weitzmann publie Une matière inflammable. Mais ce roman n'est pas un livre sur l'affaire Strauss-Kahn. Celle-ci sert seulement de révélateur en mettant à nu les mensonges du jeu social et du pouvoir. En quête maladive de reconnaissance, le narrateur, Frank Schreiber, un aspirant écrivain, pénètre les milieux intellectuels et politique grâce à son mentor Patrick Zimmermann, économiste brillant et mystificateur. Il en découvre bientôt les faux-semblants et la corruption. (Le livre) est une exploration des rapports de domination, des liens familiaux et de la question de l'identité.

Les inrockuptibles, Elisabeth Philippe

 


Il y a une chose dont on peut créditer Weitzmann : fait-divers, terrorisme, politique, il s'empare du réel immédiat, s'y risque, avec un improbable mélange entre facilité et travail, réaction et dérangement. Mettre les pieds dans le plat littéraire, voilà qui lui va.(...) Weitzmann esquisse ce thème que personne ne traite (en Europe du moins, et hors des diatribes antisémites) depuis Lion Feuchtwanger : le juif (au sens culturel) et le pouvoir politique. Désur et refus tout en un. le Juif Suss parlait de cela et a pu être détourné au service du nazisme. Ici, de Mendès-France, objet d'une bio dans le roman, fontôme invoqué, à Strauss-Kahn, l'inflammable est peut-être là.

Médiapart, Dominique Conil

 

"Une matière inflammable" : formule parfaite pour cette balade dans l'univers de DSK où la corruption, le snobisme et le pédantisme se mettent en ménage avec l'ambition, le socialisme et l'élitisme.(...) C'est terrible d'avoir un ami comme Marc Weitzmann car ce sont toujours les gens qu'il aime qui se retrouvent dans ses romans. Généralement en lambeaux. 

Paris Match, Gilles Martin-Chauffier

 

 

 

 

 

 

 

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